Rencontres

Rencontre avec Benjamin D’Aoust, réalisateur du film La Nuit qu’on suppose

Rencontre avec Effi Weiss et Amir Borenstein, réalisateurs du film Deux Fois le même fleuve

 

Interview d’Aurélien PEILLOUX 

 

L’essentiel dans la vie n’est pas de manger et dormir, il est au-delà …

Nous sommes vendredi après midi, par ce temps gris et maussade, l’ennuie se faisant sentir, je me remémore cette affiche que j’ai croisé quelques temps plus tôt sur mon chemin.

« Être quelque chose d’autre que ce que la société veut faire de nous »

L’essentiel … Qu’est ce qui est vraiment essentiel dans la vie ? Manger ? Dormir ? Pouvoir allez au toilettes ? Ce sont des besoins primaires certes, mais il ne rentre pas dans la catégorie essentiel car l’essentiel est au-delà des besoins, il se situe aux niveaux des désirs … Au travers de son film « Une affaire de décor », Rémi GENDARME nous apprend à voir ce qui est essentiel et comment « être quelque chose d’autre que ce que la société veut faire de nous ». Dans son cas la société, veut faire de lui un être médicalisé qui devrait être dans un lieu adapté à sa maladie plutôt que chez lui et bénéficier de son indépendance. Elle ne comprend pas qu’il veuille partir en vacances, tomber amoureux et encore moins faire des études. Comment pourrait-elle alors appréhender son envie de faire un film et de réussir ce projet ? Les lois et les aides associées pour compenser son handicap ne prennent pas en compte cette envie de vivre. Cet aspect est d’ailleurs très bien expliqué au travers de la mise ne scène d’une réunion entre le groupe d’experts appartenant à l’instance publique chargée d’attribuer la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) et le bénéficiaire, en l’occurrence Rémi. La mise en scène représente le refus du groupe d’experts une compensation, au titre de la PCH, dans le cas de taches administratives ou du temps scolaire.

« J’ai des auxiliaires de vie pour m’aider à vivre seul et pourtant je ne suis jamais seul. J’ai des auxiliaires de vie pour m’aider à vivre seul. »

L’œuvre de Rémi Gendarme propose une écriture différente du récit de sa vie. Certes, il est médicalisé et a des auxiliaires de vie. Cependant, son approche ouvre le regard sur la condition humaine et les limites qui lui sont associées, et pas seulement pour les handicapés. Le film est un questionnement sur sa vie mais aussi une production esthétique qui transparait dans les moments poétiques mis en scène. Le film se termine sur l’un de ces moments. L’artistique, l’humanité, le désir qui transparaissent dans cette scène justifient à eux seuls le film.

« Toi, tu bouleverse, tu souris, tu changes tout et ça rayonne d’une image qui n’explique rien »

A noter : Rémi GENDARME prépare actuellement un autre film qui portera sur un hôpital parisien.

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